Dans l'environnement actuel qu'un artiste du passé pourrait qualifier d'étonnament riche, Bosselin use sans complexe
des synergies entre pratiques anciennes (parfois même médiévales) et innovation technique:
- vitrail traditionnel, four léger et rapide,grisailles modernes diversifiées par la chimie, plaques transparentes polymèriques, leds ...
- système personnel de suspension légère des panneaux de vitrail,ramenés alors à une approche plus picturale.
- pigments, liants, aérosols, feutres et "pens" variés.
- outils informatiques, formidables accélérateurs pour l'esprit qui conçoit.
- systèmes de distribution des matières et des informations incroyablement rapides.
Désir de synthèse
entre classicisme et modernité,la recherche de Bosselin a déjà plus de trente ans.Fasciné par la singularité des écritures picturales au dela des cultures,il poursuit une démarche d'unité, de continuité, de restauration
(de l' être et du champ artistique). La représentation dans l' espace du tableau demeure son pôle d'intérêt, expression possible d' une stabilisation de l' être sur des fondations éprouvées.
(Portrait du Fayoum ou de Manet, sentiment d'une beauté discible,transmissible.)
Ce qui lui tient à coeur ?
La lumière cheminant dans l'espace , l'exacerbation des contrastes
révélant ses affinités avec la matière . Une écriture qui s'affirme dans de joyeuses ellipses.
L'espace pictural,surface nécessairement limitée qui garde la prétention d' évoquer un plein, creuset d' une "transfiguration" du moment représenté, renvoyant à
certains instants fugaces que tout un chacun a déjà pu effleurer...
Une redécouverte "par le bas" des perpectives de l' icône et du vitrail médiéval, qui dans leurs limites physiques offrent plus que de la matière à notre perception.
La notion de rupture quasi obligée chère à l' Art Contemporain a désormais pulvérisé sa cible:
rompre encore ? Mais avec quoi, dans un monde en totale déliaison ? Que peut-on encore briser au-delà de la sensibilité, du discernement,de la cohérence de l'être ?
Le terme post-contemporain a déjà été lancé il y a quelques années; il exprime plus un désir
( "dans tes rêves..." ) qu' un horizon visible au delà de l' omni-présent de l'Art Contemporain.
On pourrait alors parler pour la peinture de Bosselin (et pour celle de beaucoup d' autres)
d'un art para-contemporain,cherchant son espace vital
en dehors d'une mainstreamisation qui se répend en nappe.
Artiste peintre né en 1955 en Ile de France , attaché à ses racines normandes (Pays de Caux).
Dessine depuis toujours , prend conscience de l'importance personnelle du dessin à la fin de ses études médicales.
Mène de front sa vie professionnelle et sa recherche artistique.
Travaille à Fontainebleau avec Pierre Dominique Giess qui lui revèle ses possibilités.
Rencontre Tibor Csernus qui l' encourage à approfondir son clacissisme initial.
Apprend les bases du vitrail avec Michel Durand ( verrier a Orly , successeur de Max Ingrand ) et développe un style de peinture sur verre personnel.
Rencontre plusieurs fois le peintre fécampois Jef Friboulet , pionnier de la peinture acrylique en France , et qu'il considère comme un modèle de liberté picturale.
A donc pratiqué cycliquement dessin, pastel, huile, aquarelle, infographie et peinture sur verre:le support et la technique servent l'inspiration du moment.